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NEWS

PREPAREZ VOUS POUR MNOP 2024 !! BIENTÔT LA PROGRAMMATION !

NOVEMBRE 2023

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Rythm and Trova

 

Une vielle chanson cubaine 

qui s’échoue dans un coin de Louisiane 

après un burinage caraïbe. 

Une Trova et son lot de Soul gospel…. 

De Cuba à New-Orléans, 

la musique traduit des mots et des rythmes cousins.

Une filation africaine enroulante comme une liane,

Où l’on s’épanouit au-delà des paroles et des postures. 

Un blues qui n’a plus envie de dire son nom pour mieux retrouver ses racines et ses vérités ;

Un Mnoptour de Trova qui prend les sons originels à bras le corps pour les mélanger et les faire cohabiter….

 

On passera du Roots Combo d’Arnaud Fradin aux Boyz From Hood de Bernard Sellam au gré du Rythm. 

Le banjo de Don Vappie fera résonner un son créole repris en écho par l’orgue Hammond de David Torkanowsky

Elli de Mon, Gaby Jogeix, Raoul Ficel et Tiger Rose joueront leurs traditionnels avec force brisures et décalages. 

Chez les Backscratchers ou avec Koko Jean, la redite servile ne sera pas de mise. 

Amandine rencontrera le Guillaume Nouaux Trio avant de retrouver le Crawfish Wallet et les violoncelles.

March Mallow fera entendre son jazz désenchanté à pied de château.

Les Doom Doom Lovers et le Geoffrey Lucky Pepper 4et feront assaut de survitamines. 

Nirek Mokar mettra du saxophone dans son piano.

Les vagues malgaches lancées par Tao Ravao et Vincent Bucher clapoteront sur les berges du Mississipi.

Et comme souvent rêvé, Curtis Salgado empoignera les vieux gospels de Dorothy Love Coates…

 

Un Mnoptour pour mieux se muer en MNOP Gran Circus le samedi 22 juillet sur la plaine de Lamoura de Boulazac. 

La Trova cubaine y fera l’ouverture avec le « project »de Raphael Lemonnier mêlant voix caraïbe et flamenca. 

La fulgurance locale de la crème des musiciens de la Nouvelle-Orléans amènera Judith Owen au firmament des blondeurs vénitiennes. 

Le tempo commun donnera les clés du paradis à Bridget Bazile pour la fin de soirée…

 

Trova / Judith / Bazile, une triade pour l’éternité…

 

Les partenariats avec l’Agora, Douchapt Blues, Some Produkt, Relâche, les 24 heures du Swing de Montsegur et Queyssac Blues permettront de prolonger l’itinérance au-delà du Groove de Mnop…. 

 

L’été sera Trova ou ne sera pas…

Toute la programmation est à retrouver le 02 juin et puisse la playlist MNOPtouraround 2023 étancher l’attente…

 

 

Stéphane Colin

  • Spotify

Retrouvez la Playlist "Mnop 2023" ici :

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Mardi Gras INDIANS music; The Nola Paradoxe

 

 

French Quarter Festival 2013, le concert de Donald Harisson Jr suit son cours avec ce florilège d’influences qui permet au saxophoniste d’explorer avec classe et liant une palette musicale large et goûteuse. Le Bridge Trio à la rythmique pour une moyenne d’âge à peine supérieure aux seize printemps du trompettiste John Michael Bradley, le bluesman Vasti Jackson à la guitare, le nouveau swing tisse sa toile avec aisance et décontraction. On se dirige vers une fin de concert à l’image de ce show tout à la fois virtuose et débonnaire quand un évènement extérieur change brusquement la donne. Surgissant du public, un petit homme apostrophe le leader. Les attitudes et la gestuelle semblent répondre à des rites intemporels. L’échange de regards traduit un mélange de défi et de reconnaissance. La posture commune en miroir pour signifier l’appartenance sinon à la même tribu du moins au même camp.

Les limbes d’un univers parallèle se précisent. En un claquement de doigt, en un coup de tambourin, le saxophoniste virtuose de jazz moderne redevient le Big Chief des Guardians of Flame, une des tribus phares des indiens de Mardi Gras de New-Orleans.

 

Une mélopée répétitive parait enrober l’assistance comme une volute de calumet. Le concert se transporte vers un ailleurs improbable fait de percussions africaines, de pow wow indiens et de groove obsédant. Où l’on sait que les plumes des Mardi Gras Indians présents sur scène ne sont en rien factices. Pas de joliesse superficielle sur les habits chamarrés ou dans le jeu de scène habité et approprié. Fort du soutien des percussions « indiennes », la batterie du Joe Dyson nourrit le rythme. Le jeune petit-neveu de James Sugar Boy Crawford a de qui tenir. La version de Jockomo du grand-oncle est dans les gènes, dans l’inconscient d’une musique d’indiens aussi secrète que prégnante, aussi peu accessible que palpable à chaque coin de la Cité du Croissant. « I m going to set your flag on fiyo » …

 

Le drapeau de la tribu adverse au feu… coutume ambivalente où l’adversaire épouse les codes d’une reconnaissance interne étrangère à toute envie d’extériorisation. La symbolique des cercles des danses africaines de Congo Square, place de naissance historique du jazz, trouve ici prolongement naturel. Ena ! Ena ! ekout, ekout on deye, chaque amour fi nous Wa Nané, Chaque amour fi nané ; Les vieux chants tribaux créolisés en filiation directe avec la Bamboula et la Colinda, en prolongement du Ayeko ganhéen et du Yakimo Haîtien. Chaque amour, Yakimo, le Chockomo initial de Sugar Boy qui devient Jockomo par mauvaise calligraphie du patron des disques Chess. Le voyage du mot se fait comme la musique qu’il véhicule, en souterrain, sans réelle volonté d’exposition au-delà du cercle. : Do You Know Jockomo ? la question/chanson de 1958 d’Huey Piano Smith avec ces variantes d’Hi de Ho de Cab Calloway mérite assurément d’être posée…

 

Quand en 1970, l’étudiant Quint Davis, futur créateur du New Orleans Jazz and Heritage Festival, décide d’enregistrer un 45 tours de la tribu des Wild Magnolias rien ou presque n’a filtré de cet univers depuis son émergence de la fin du XIXe siècle. Les rencontres sont jusque là fortuites ou presque…Enregistré en 1927 à La Nouvelle-Orléans dans un studio itinérant de la maison Victor par l’orchestre du trompettiste Louis Dumaine, To Wa Bac a Wa porte plus les couleurs du standard de l’époque My bucket’s got a hole on it que du Hey Pockey Way que le Chef des Chefs Tootie Montana popularisera à la fin des années 70. En 1938, dans son autobiographie sonore consignée pour la Librairie du Congrès, « l’inventeur du jazz » Jelly Roll Morton est un des tous premiers à lever une partie du voile en parlant de son passé de Spy Boy. Par là, il évoque plus l’espion du Big Chief, avant-garde du gros de la troupe, chargé de débusquer la tribu adverse sur le trajet du Mardi Gras qu’un quelconque service secret… Plus près de nous, c’est le chef d’orchestre de Fats Domino, Dave Bartholomew, qui évoque Big Chief Tillman des Créole Wild West dans un Carnival Day « Chief to Chief » enregistré en 1950. La rencontre entre ce chant indien et l’industrie du disque continuera longtemps à se faire fortuite quand elle n’est pas à la base de malentendus aux conséquences parfois inattendues :

 

-Première tribu à s’être constituée sur ce fondement de « socials clubs qui comme le dit Dr John, vivent toute l’année pour le Mardi Gras », ces Creole Wild West du chef originel Bécate Batiste qui défilent depuis 1880 et continuent à se produire régulièrement (cf Jazz fest de 2006) n’ont pour l’heure jamais enregistrer le moindre sillon…

 

-Les 4 faces des années 50 de l’ancien guitariste-banjoïste de Louis Armstrong et Cab Calloway Danny Barker paru initialement sur le label King Zulu Records se retrouvent sans réelle mention à la fin de la réédition CD du 33 tours de Baby Dodds Jazz à la Créole. Le morceau phare, Tootie Mae sera même repris en 2010 par Tom Waits et l’orchestre du Preservation Hall et donnera lieu à une réédition à tirage limité en 78 tours avec vente concomitante du phonographe idoine !

 

-En 1965, un an après le terrible Big Chief écrit par Earl King, interprété par Professor Longhair et arrangé par Wardell Quezergue, le groupe vocal des Dixie Cups se retrouvent à improviser entre deux prises dans un studio new yorkais. S’accompagnant de quelques percussions, elles improvisent sur le vieux Jockomo. Les producteurs de la session, Leiber et Stoller, laissent tourner les bandes. Iko, iko sort dans les bacs presque par hasard, C’est un hit mondial aux multiples covers qui popularise le son indien en dehors de NOLA…. Sans y faire directement référence

 

-Hasard indéniable pour Sam Charters quand, se promenant dans les rues de New- Orleans dans les années 50, il enregistre au détour d’une rue, un indien de Mardi Gras pour deux prises qui constituent les seuls réels enregistrements indians d’avant le 45 tours des Wild Magnolias de 1970 cité plus haut.

 

L’atterrissage fortuit de cet EP qui met en scène l’archétype de la rythmique funk de la ville (Georges Porter à la basse et Zigaboo Modeliste à la batterie) sur le bureau de Philippe Rault alors directeur artistique de Barclay va changer partiellement la donne. L’accord du président du label français, Eddie Barclay est une formalité : Phillipe Rault atterrit rapidement en Louisiane en 1974. Le principe du groupe de funk derrière les indiens est confimé là. Le pianiste Willie Tee procède aux arrangements. Le résultat est à la hauteur des ambitions. La guitare de Snooks Eaglin, le saxophone du frère de Willie Tee, Earl Turbinton et la rythmique locale transcendent le chant des Wild Magnolias. Le succès du Hit Smoke my peace pipe est suffisamment patent (74 ème place au Billboard) pour permettre la production d’un second disque l’année suivante. Bo Dollis, leader naturel du groupe, et Monk Boudreaux, chef des Golden Eagles, deviennent à partir de là les personnalités indiennes les plus en vue.

 

En 1975, le disque des Wild Tchoupitoulas est dans la lignée des deux trente trois tours Barclay. Le son popularisé par les Meters trouve ici un champ d’action d’autant plus évident que ce sont les principaux géniteurs de cet état de funk qui assurent le précieux background. Enregistrement charnière qui permet à Aaron et Charles Neville de rejoindre Cyril et Art ainsi que les autres membres des Meters. Fort de cette première expérience discographique commune, les neveux Neville du Chef Joly formeront le groupe des Neville Brothers, groupe qui continuera tous le long de sa longue carrière à payer son du au son indien (cf)

 

Ce qui aurait pu marquer le début d’un intérêt du public international pour une musique à la fois reflet des racines et indicateur pertinent des évolutions musicales de la cité n’a qu’une répercussion limitée sur la production discographique de ces années. Il faut attendre 1988 pour avoir un enregistrement d’une de ces réunions caractéristiques d’Indian Practice. Enregistré au H&R Bar du Second War, sur un lit de percussions, les Golden Eagles répondent aux incantations de leur chef Monk Boudreaux dans une ambiance intracommunautaire où le groove se fait incantatoire et hypnotique. Un part d’Afrique en plein cœur de Nola, un pan de Congo Square en vol suspendu au-dessus du ponctuel et de l’éphémère. Indian of the Nation et Callioppe sont les 2 autres cd qui permettent de retrouver cette ambiance particulière à la diffusion toute confidentielle.

 

Pas étonnant, dans ces conditions de reconnaissance parcellaire et superficielle que les deux vedettes des enregistrements Barclay originaux soient les plus enregistrés. Au fil du temps, les Wild Magnolias de Bo Dollis cultivent cette capacité à transcender la rythmique répétitive du practice originel pour y intégrer les éléments de l’orchestre funk. Leurs enregistrements suivants sont dans ce même « esprit Barclay » qu’on retrouve aussi bien sur l’unique enregistrement des Flamingo Wariors que sur les trois disques du guitariste de la deuxième session Barclay June Victory. Mention particulière au « I’m back on Carnaval Time » de 1990 chez Rounder, où le répertoire élargi et l’orchestre façon Nola Star avec greffe ponctuelle du Rebirth Brass Band permettent à Bo Dollis de mettre en exergue des qualités vocales qui vont au-delà du phrasé indien-incantatoire initial. Quand le tempo se ralentit, certaines douces inflexions ne sont pas sans rappeler le velouté de Sam Cooke.

 

A partir de 2000, Monk Boudreaux quitte le groupe des Wild Magnolias pour développer une carrière personnelle aussi riche en disque nominaux qu’en collaborations diverses. Les 2 cd enregistrés avec Anders Osborne, la participation au projet Voices of Wetland du chanteur guitariste Tab Benoit, les liens avec la dream team du New Orleans Social Club ou avec le versant le plus électro des Galactics du batteur Stanton Moore sont de parfaits compléments aux enregistrements personnels. La façon de s’installer sur le groove, proche parfois de celle d’un John Lee Hooker, fait regretter le report récurrent d’un projet Down home Blues qui lui irait comme un gant. Plus que tout autre peut-être, la production d’après Katrina du percussionniste Chris Jones baptisé 101 Runners permet à Boudreaux d’amener l’orchestre à forte dominante rythmique là où il le veut. 4 percussionnistes au minimum avec notamment la grosse caisse de Lione Battiste Jr, la basse de Cornell Williams associée au tuba de Kirk Joseph, le sax baryton de l’omniprésent Jimmy Carpenter, le poids de la guitare de June Jamagushi et les nappes de claviers de Tom Worell créent un support rythmique auprès duquel les gros sons électroniques actuels paraissent presque faméliques. Dans ce groupe, le contraste entre le virevoltant et talentueux jeune chef Juan Pardo et un Monk quasi statuaire n’est qu’apparent. Le fond ramène au même langage, au parlé d’un territoire spirituel où les centaines d’heures nécessaire à l’élaboration d’un costume de Chef n’entrent dans aucun plan de comptabilité.

 

Retour à la case départ avec Donald Harisson Jr. Fils de l’ancien Créole Wild West et créateur des Guardians of Flame, Donald Harisson Sr, le musicien prodigue à l’aise dans le jazz actuel est à même d’introduire dans la musique indienne les éléments d’une modernité qui sont plus là pour souligner la force du son originel que pour induire une quelconque bascule vers un ailleurs différencié. C’est le superlatif Indian Blues enregistré en 1992 pour le label Candid, avec notamment Dr John et le pianiste Cyrus Chesnut qui servira de trame à une partie du scénario du feuileton Treme, détaillant par le biais d’une relation père fils un brin tumultueux, les particularités sonores du projet musical. Toute la famille des Guardians of Flame est d’ailleurs représenté dans Tremé puisqu’on y croise la soeur de Donald, Cherice Harisson et son fils Brian Nelson, impliqués dans le projet des Young Guardians of Flame qui aboutit en 1998 à la sortie d’un New Way Pockey Way où Rap et Bounce se marient naturellement avec le son premier. Autre membre du groupe, Big Chief Alfred Doucette et le percussionniste d’Indian Blues, régulièrement associé à Dr John, Big Chief Smiley Ricks ont produit chacun des enregistrements de bonne tenue. Présent sur le disque des jeunes guardiens, le chanteur harmoniciste accordéoniste Bruce Sunpie Barnes, leader du Skull and Bone Gang, a participé en 2011, à l’enregistrement live du groupe Mardi Gras Indian Orchestra avec notamment le batteur Kevin O’Day et le saxophone Tim Green.

 

Last but not least, le charismatique Fi Yi Yi vient de sortir un plastic de 6 titres qui fait la part belle à l’original. Les plumes et les perles des anciens costumes de Mardi Gras Indians qu’on retrouve au Backstreet Cultural Museum de Treme semblent y retrouver la vigueur et la souplesse acquise au gré des dances tourbillonnantes. La dédicace aux « ancestors and teachers who les us on the path » vaut pour l’ensemble discographique présenté ici. Une avancée vers le passé en quelque sorte…

 

Ena ! Ena !

Ekout, Ekout an deye

Chaque amour nous wanané

Chaque amour fi na né.

 

 

 

Stéphane Colin

 

 

 

 

Crédits Photos : Erica Goldring, Juan Pardo FB

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Une chronique de Stéphane Colin concernant l’exposition Black Indians au Quai Branly à
retrouver également dans ABS Magazine :


« Occasion ratée ? Pas sûr… 
Initialement, l’exposition des Mardi Gras Indians du musée du Quai Branly semblait une belle
opportunité pour mettre en lumière une culture atypique dont les liens avec les racines de la
musique de la Nouvelle-Orléans ont nourri une grande partie de l’histoire de la ville. Le fait de
replacer cette pratique plus que centenaire dans un contexte historique et culturel faisait
forcément sens. Une démarche logique qui se heurte ici à une problématique inattendue.
Parler de l’esclavage, des amérindiens ou de la position particulière de la cité du croissant est
certes un plus indispensable. En faire le sujet dominant, en ne laissant qu’une grande salle
terminale pour la mise en lumière -pour le coup magnifique -des costumes de Black Indians,
interroge. Pour tout dire, on se serait passé d’une grande partie de cette recontextualisation
protubérante. La fête carnavalesque s’en trouve en partie gâchée, désamorcée, vidée de sa
substance créatrice. L’introduction du sujet semble prendre le pas sur son développement. On
est fort disert sur les à-côtés, mais on évite de rentrer dans le cœur d’une thématique qui
devient dès lors quasi marginalisée dans son propre espace. Un paradoxe d’autant plus
troublant que le matériel « explicatif » d’accompagnement est présenté sans réel fil
conducteur, en laissant en suspens le lien avec le sujet initial.
Ainsi, il aurait été intéressant de creuser le parallèle entre les costumes et pratiques des
Eguns béninois et ceux des Mardi Gras Indians Neo-Orléanais en s’appuyant en profondeur
sur le travail d’Helene et Jean-Jacques Ducos (cf le livre la danse des Eguns 2007 / Kubik).
S’il y quelques photos -en petit format- de Charles Freger, elles sont présentées de façon
trop marginale pour amener le supplément explicatif espéré : « La mascarade est un
territoire de mise en regard d’une communauté par une autre, espace où l’on rejoue le
rapport à l’oppresseur soit pour le mimer, soit pour l’inverser, toujours pour le subvertir. »
En quelques mots, dans son livre « Cimarron », préfacé par le poète écrivain Ismaël Reed,
Charles Fréger nous éclaire d’une façon plus immédiate et plus claire sur les pratiques
carnavalesques du monde Marron américano-caribéen. Une mise en perspective qu’on
retrouve dans l’exposition au niveau du groupe des costumes du skull and bone gang
remarquablement agencé par Sunpie Barnes qui figure parmi les trop rares commissaires de
l’exposition issus du sérail. On reste ainsi un peu circonspect quant au faible lien et à l’usage
pour le moins restreint fait de la musique dans cette exposition. Oublier ainsi d’inclure les 79
Ers Gang
dans la compilation Spotify du musée du Quai Branly créée spécialement pour
l’événement à quelque chose d’étonnant. Présents à un concert organisé en marge de
l’exposition, groupe novateur incluant des éléments de Bounce dans la musique
traditionnelle, figure de proue du beau projet franco American Nola si Calling ( Jaring Effects
2019) méritaient une petite place sur cette playlist qui en 2h12 réussi l’exploit de ne faire
figurer que 4 morceaux de Mardi Gras Indians!
Commencer avec Bourbon Street Parade de Louis Armstrong associé aux Duke Of Dixieland
est un choix introductif possible qui aurait pu être suivi par l’un des 4 morceaux de Mardi
Gras Indians joués et chantés par le guitariste-banjoiste Danny Barber. Ces titres des années
50 semblent être les premiers enregistrements de Chants « indiens » et n’aurait pas fait tache
ici. De même, la belle histoire du label français Barclay allant concocter en Louisiane le

premier LP consacré à une tribu de Mardi Gras Indians (Wild Magnolias 1973) est
étrangement absente du listing. Si la série Tremé est régulièrement citée tant dans le
parcours du musée que sur les documents annexes, il aurait été intéressant d’illustrer cette
référence par le biais du disque « Indian Blues » de Donald Harisson dont la genèse constitue
la trame même du scénario de David Simon et consorts. De même, il parait curieux de
programmer les Galactic, un des plus grands de funk de Nola, sans ajouter à cette liste
musicale les morceaux que ce groupe a partagé avec les Big Chief Monk Boudreaux et Juan
Pardo. 

On gardera malgré tout des images positives de cette exposition. La qualité des costumes et
leur mise en scène est particulièrement émouvante. Elles donnent corps et presque
mouvement à cette grande pièce qui devient dès lors un haut lieu de tradition à même de
transposer le Super Sunday ou la Saint Joseph en bord de Seine. Les plumes des Big Chief
Alfred Doucette et Fi Yi Yi flottent au-dessus de la Tour Eiffel pour célébrer un succès public
corroboré par la forte affluence aux concerts de Sunpie Barnes, de Cédric Watson, des 79 ers
Gang
et des Galactic. Ces derniers, amenés par le batteur Stanton Moore ont emporté
l’adhésion lors d’un concert Sold- Out et ce malgré le déficit de sono sur la voix d’Angelina
Joseph
, déficit heureusement rattrapé par la restitution de l’intégralité du concert sur le site
du musée. »


Stéphane Colin

NOVEMBRE 2022

Hommage à Bertrand Tavernier, Samedi 26 novembre, 10h-00h, Cinéma Lux Louis Delluc, le Buisson-de-Cadouin

 

 

En association avec Magie Cinéma, le cinéma Louis Delluc organise un événement hommage à Bertrand Tavernier, disparu en 2021. Ce moment s’articule autour de la passion du jazz qui animait le réalisateur autour de nombreuses manifestations tout au long de la journée, dont la projection de deux documentaires « Mississippi Blues » et « Autour de Minuit »

Parmi les intervenants : Tiffany Tavernier, fille du réalisateur, Frédéric Bourboulon, Marc Oriol et Stéphane Colin !

OCTOBRE 2022

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PROGRAMME TRIMESTRIEL JAZZ CLUB

 

Le programme de ce dernier trimestre du Jazz Club se dévoile, ne manquez pas les prochaines rencontres !

 

 

Samedi 8 octobre :

  • Billie Holiday, l’inoubliable ‘’Lady Day’’ par Jean-Michel Colin

  • Wycliffe Gordon, LE trombone à ne pas manquer par Bernard Delguel

Samedi 22 octobre :

  • BB King, la voix d’or du Blues sur les cordes câlines de Lucile par Jean-Michel Colin

  • La pochette surprise de Jean-Marie Quidet

Samedi 12 novembre :

  • Le 78t. selon Youtube… par Jean-Michel Colin

  • Duke Ellington pianiste (hors pair, bien sûr !) par Joël Letouzé

Samedi 26 novembre :

  • Et si l’on dansait ?! ou la Danse & le Jazz (pléonasme ?) par Jean-Michel Colin

  • Le jazz au féminin (part 1) par Lionel Leguay

Samedi 10 décembre 

  • Le Gospel du Père Noël au sommet de son art :

The Caravans (avec Shirley Caesar) & les Jackson Southernaires. par Jean-Michel Colin

  • New Orleans Function - Funérailles à NO par Lionel Leguay

 

Ligue de l'enseignement de la Dordogne

82 Av. Georges Pompidou, 24000 Périgueux

Précisions :

L’escalier extérieur, attenant au parking de la Ligue permet d’accéder directement à la salle.

SEPTEMBRE 2022

Samedi 24 octobre, 14h30, après-midi Jazz, Périgueux

 

Une nouvelle saison s’annonce pour les après-midis Jazz, proposés par Jean-Michel Colin, cette année de rencontres va s’annoncer riche en anecdotes. Un moment amical, pour cette réunion de rentrée, où les suggestions musicales des uns et des autres pour les mois à venir seront bienvenues !

 

« Le sujet du jour sera un vrai hors d’œuvre, qu’on pourrait intituler tutti-frutti, ou méli-mélo, ou encore pot-pourri, bref un mélange à la fois varié et, je l’espère, attractif des musiques que nous aimons. Au cours de cette réunion, nous bâtirons le programme du trimestre à venir, de sorte que je vous incite à venir avec vos idées !

 

Jean-Michel Colin »

Ligue de l'enseignement de la Dordogne

82 Av. Georges Pompidou, 24000 Périgueux

Précisions :

L’escalier extérieur, attenant au parking de la Ligue

permet d’accéder directement à la salle.

Crédit photo : ahkeemhopkins

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Jazz Me Blue : MNOP 2022

 

« Mémoire d’organisateur, canicule et points de suspension.

Atur, 28 juillet 2022. Nuages épars et soleil tombant. Chaleur, mais pas trop, une accalmie de canicule… Sur scène, le morceau de Tuba Skinny égrené par les Crawfish Wallet à la dolance météorologique. La voix d’Amandine se fait tout aussi paresseuse que celle d’Erika Lewis. La chanteuse des Tuba Skinny était sur la même scène quelques années auparavant. Pas besoin de pousser les argumentaires à leur paroxysme pour trouver là une évidence de lien, un prolongement de fraternité musicale…

Tout au long du MNOP Tour 2022, on se sera ainsi senti en paix avec soi-même, loin des artifices et des succédanés. Les effets de style sont oubliés, l’évidence musicale du Crossover dépassant posture et factice : « les oreilles sont mes racines ». Une citation retrouvée par l’harmoniciste Vincent Bucher qui colle à ce Tour de juillet. Craig Klein, l’un des plus grands trombonistes néo-orléanais, pourra dès lors passer partout. De la fanfare funk de Brass Under Inffluence au blues profond de Crystal Thomas, du quintet de jazz moderne de Iep Arruti au trio de clarinettes amené par Guillaume Nouaux, du Zydeco des Flyin Saucers au bouquet final avec le trompettiste James Andrews… Une palette d’oreilles larges, puissantes, jamais rassasiées…

Du coup, on se prend à évoquer les Tiger Rose de début juillet : duo rare où le chant de l’un prolonge la phrase de l’autre. Il y a là comme un leitmotiv de raucité partagée. Les Doo The Doo, Benoit Blue Boy et Fabio Izquierdo apporteront leur obole sur les chemins de Queyssac, Valojoulx ou Bourrou…

Les Harlem Gospel Travelers nous auront attrapé un soir de musée périgourdin. Le public ressortira de la rencontre avec le trio vocal gentiment extatique ou carrément hagard. Une tornade de canicule pour souffler le street corner gospel sur la ville endormie…

Des racines comme s’il en pleuvait. Du Ghana à la Catalogne, les Sey Sisters font un détour par le grand gospel de Kirk Franklin… Des sœurs comme les doigts d’une main… Des musiciens qui arrivent de Londres in extremis en bus pour accompagner la Néo-Orléanaise Acantha Lang… Une étoile qui naît sur la scène de Lamoura… Acantha Light…

La confrontation avec les souvenirs se fait au gré de flèches créatrices. On tangue sur le fil du rasoir pour mieux frôler la chute. Un équilibre instable comme on aime. Un confort festivalier précaire tout aussi brinquebalant qu’un requiem joué sur piano désaccordé dans le fond d’un château périgourdin… À Escoire, justement, le jazz vocal peut se mêler à l’harmonica blues et au tap dance. Kevin Doublé est là, tout aussi présent que lors de cette première rencontre sur un balcon néo-orléanais de Royal Street.

Une boucle qui se boucle pour mieux se rattacher aux prémices des instants déclenchants, au flux des parcours de vie. Égrener l’histoire, y souffler dessus pour en effacer la poussière. L’ancien se raccorde au présent. Balayé de ses pesanteurs, il s’agrippe à ce lien ténu qui lui permet de tenir le cap pour mieux s’y référer…

On repense à celle qui nous a accompagnés pendant une huitaine. Début en fanfare et clôture en cuivres à Lamoura. Tout était déjà là pour l’habitante de Shevreport. Crystal Thomas ou l’histoire d’un talent naturel et habité. Une voix qui jamais ne force tout en allant au plus profond. Il y avait longtemps qu’on n’avait eu pareille impression. À l’heure des vocaux forcés, faussement éraillés, des faux clones d’Etta James et consorts, retrouver une telle force première immédiate et évidente fait du bien. La batterie de Pascal Delmas, la basse d’Antoine Escalier, la guitare de Mr Tchang, le clavier de Victor Puertas et la section de cuivres superlative (Iep Arruti, Craig Klein, Sylvain Terjizo) ont soutenu la jeune chanteuse avec une verve jamais démentie. »

Festival MNOP : Crystal Thomas, une diva américaine à la Guinguette de Marsac

JUILLET 2022

Crawfish Wallet – Cellos Project

« Ti Flamboyan

 

Le soir de la première du nouveau disque de MNOP 2022, on retrouve les Crawfish à Mensignac. On repense au parcours d’Amandine, la chanteuse, à ce premier groupe Nu Soul tout aussi passionnant ; Polylogue From Syla avant les Crawfish. Un apprentissage à rebours.

Nu Soul avant Nola Street Jazz. Erikah Baduh en prémices à Billie Holiday et Lizzie Miles

 

Rajouter trois violoncelles au quatuor originel, la gageure est belle. Mensignac brille de mille feux. Le son caribéen de Ti Flamboyan renvoi à la belle balade de Tom Waits, « I Wish I Was in New Orleans ». « Strange Fruit » de Lady Day parait tout aussi prenant que lorsque c’est Betty Lavette ou Muddy Gurdy qui l’interprètent. On réécoutera souvent ce disque superlatif.

Inconsciemment, on y rajoutera le sunset de Mensignac et ses bougainvillées de fond de scène. La plaine y sera tout aussi apaisée que l’instant suspendu. Le trombone de Gaétan, la contrabsse de Fred, le banjo de Jean-Michel et les trois violoncelles faisant sonner le songbook de Duke comme un big band, prolongeront la grâce.

 

Juillet reviendra, assurément ! »

 

Stéphane Colin – ABS MAgazine

 

Crédits Photos : Marcel Bénédit, Stéphane Colin

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En attendant l'édition 2022

voici un résumé de la superbe edition 2021 !!

Nouvel article dans Sud-Ouest !

Cliquez sur la photo !

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L'INTERVIEW DU PRESIDENT  SUR 

"Radios libres en perigord"

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