top of page

MOONLIGHT BENJAMIN

MOONLIGHT BENJAMIN MNOP.jpg

SAM 20 juillet

MNOP GRAN'CIRCUS

Plaine de Lamoura Boulazac

20h30

Crédits Photos : Cedrick Not

Que la grande prêtresse Marie Laveau – qui instillera le « vodoun » jusque dans les plus hautes sphères de l’État louisianais, soit originaire de l’île – n’a en l’occurrence rien d’anodin. Que le « créateur du jazz », Ferdinand Lamothe, alias Jelly Roll Morton, soit issu d’une famille d’origine haïtienne n’est assurément pas le fruit d’un simple hasard migratoire non plus. De Congo Square, espace africain de New Orleans où les percussions du dimanche après-midi ramènent au Dahomey aux séances nocturnes de Vaudou sur le Bayou St John, il n’y a que quelques kilomètres de distance…

 

Quand les Neville Brothers chantent Ayiti au concert de soutien Farm Aid de 1994 avec cette force caractéristique du groupe fraternel, on pense à ce moment d’union musical unissant la famille Neville aux frères Parents dans un San Nou Ki La enregistré à Port Au Prince en 1989. Trente ans plus tard, écouter la symbiose entre le groupe local Lakou Mizik et les Mardi Gras Indians des 79ers sur un Iko Ikodécliné avec force versions et remix, ramène au même constat fusionnel. Deux parties d’un ensemble beaucoup plus uniforme et homogène qu’il n’y parait initialement. La chanteuse d’origine haïtienne vivant à New Orleans, Leyla McCalla, n’est pas étrangère à ce projet musical où tour à tour Trombone Shorty, Jon Cleary, Cyril Neville, Lost Bayou Ramblers et autre Préservation Hall Band rivalisent d’esprit créole avec le collectif intergénérationnel des Lakou Mizik. La présence sereine de Leyla galvanise les rencontres, et la façon dont elle reprend le Manman du grand artiste haïtien Manno Charlemagne dans un de ses enregistrements propres peut être considérée comme un pic émotionnel d’une œuvre artistique à la fois apaisante et chaloupée.

 

Legba Nan Baye ! Le saxophone de Jaques Schwarz-Bart en intermédiaire pour l’incantation à Papa Legba, l’esprit, le Lwa qui ouvre la cérémonie vaudou, trouve dans l’enregistrement nominal Jazz Racine Haïti de 2014 une véhémence thuriféraire inhabituelle. Partie intégrante du projet, la chanteuse Moonlight Benjamin y infuse une énergie palpable sur toutes les scènes visitées, de la Martinique à Chamonix… Un tremplin avant le virage pris par la chanteuse haïtienne à la fin des années 2010. Un virage qui correspond à cette personnalité multifocale capable d’assumer l’originel tout en injectant la dose idoine d’électricité brutale.

 

La personnalité propre de la chanteuse est à même de transcender un groupe pour lequel les références aux Black Keys ou à Dr John sont patentes. Les trois enregistrements, « Siltane », « Simidi » et « Wayo » balisent l’évolution des six dernières années. À l’écoute de ces morceaux, on évoque spontanément la version néo-orléannaise du classique Marie Laveau de Dr John. Dans ce morceau, le contrechant de Cyril Neville parait écrit pour une Moonlight incantatoire, en insistance récurrente, à l’instar de Haut Là-Haut, chanson phare du dernier album. Basée actuellement dans la région toulousaine, loin de l’ouest haïtien natal, suivie par un groupe et une production attentionnée et attentive, cette chanteuse semble à même d’amener le public où elle veut, quand elle veut. La transe d’Ayti Blues a trouvé sa reine.

bottom of page